M1864 revolvers 20 coups.

Dessin original du brevet.

En Europe c’est indiscutablement Chaineux qui s’attaque le premier à la grande capacité dans des modèles en 10 ou 12 coups, dans les calibres de 7, 9 12 mm à broche.
Créant des revolvers lourds, mal équilibrés et difficile à manier.
Eugène Lefaucheux, n’est pas en reste en créant le, 10 coups 12mm en Triple Action. C’est un revolver basé sur le 6 coups ordinaire et de fonctionnement identique. Eugène estime que beaucoup de place se perd du fait de la multiplication de coups sur le pourtour du barillet. Le diamètre du cercle augmente avec le nombre de coups et de fait, il y a plus d’espace au centre.

Dessin original

Par le dépôt de brevet du 31 octobre 1864, il a l’idée de placer les unes au-dessous des autres, formant deux rangs de charges. Dans le brevet du 31 octobre, il fixe l’idée de la double rangée de même calibre ou pas, mais aussi pour tout type de munition, broche, percussion centrale ou piston ainsi que pour tous type d’armes : revolvers ou carabines.

Dessin original: 12 mm en ext. et 7 mm en int.

Mais il ne dit rien sur le mécanisme qui devrait équiper ses armes.
Sur le dessin qui accompagne le brevet d’octobre, Eugène Lefaucheux montre un barillet chargeant deux types de calibres ; sur l’extérieur du 12 mm à l’intérieur du 7 mm.
Curieusement on ne trouve pas de baguette d’éjection, probablement pour ne pas encombrer l’ensemble.
Ils nous semblent que la configuration montrée sur le dessin soit introuvable, ou alors aura existé à de très rares exemplaires, je n’ai jamais eu le plaisir d’en voir une.
Des 18 et 21 coups en 7 mm ou 9 mm existe, mais ceux observé était de fabrication Liégeoise.

Dessin original de février 1865

Il faudra attendre le brevet d’addition du 2 février 1865 pour voir apparaître le modèle qu’on connait aujourd’hui, le 7 mm, 20 coups en Triple Action.
Très ramassée et compacte, l’arme a perdu son pontet, au profit d’une détente repliable vers l’avant comme l’ensemble des 7 mm d’ailleurs. Le barillet est très évidé afin d’en diminuer au maximum son poids. L’arme est équipée, cette fois, d’une baguette d’éjection articulée afin de pouvoir atteindre les deux rangées.

Numérotation et datation :
Cette arme n’a jamais trouvé le marché qu’Eugène Lefaucheux espérait, c’est-à-dire celui des militaires et ceci très probablement à cause de son faible calibre de 7 mm.
Le même genre de revolver, en 9 mm ou 12 mm aurait vraisemblablement eu plus de succès auprès de nos officiers. Mais cela aurait posé des soucis d’encombrement et de poids. C’est donc vers le marché civil qu’il est destiné, mais là encore, qui pouvait se permettre d’avoir une arme de cette dimension dans la poche ?
« Arme de poche » est synonyme « d’arme de défense » et de ce fait, a-t-on besoin de 20 coups pour pouvoir se défendre ?
Les deux raisons énumérées ci-dessus sont suffisamment claires pour dire que cette arme a elle aussi, connu une production limitée.
Il existe deux versions de cette arme, parfaitement identiques et ne se distinguant que par l’analyse des marquages :

  • Soit belge avec un marquage du banc d’épreuve de la ville de Liège, à savoir :
    « ELG » dans un ovale.
  • Soit française, avec son numéro « LF ».
    Il est fort possible que les deux variations ont été produite au même endroit, à Liège, suite au transfert de la production en 1865.

Réservée au marché civil la datation à proprement parler de ces armes n’est, de ce fait, pas très facile.
Le premier à probablement été fabriqué vers le mois de Septembre 1865 avec la mise en route de la production à Liège et aurait été arrêtée, où en tout cas très fortement réduite, après la livraison des derniers « 70 de Marine » vers la fin de l’année 1872.
C’est le seul modèle de revolver en 7 mm qui n’est pas équipé du mécanisme interne de balancier. On retrouve sur ses 20 coups exactement la même mécanique que celle employée sur les 9 mm et les 12 mm à 6 coups.
Pour les armes à 20 coups il existe principalement 4 versions :

  • Un mécanisme de blocage du barillet « interne » ou « externe ».
  • Revolver à canons courts, qui est le plus communément rencontré.
  • Revolver à canons longs, très rare et seulement un exemplaire observé.
  • Revolver-Carabine, aussi relativement rare en 9 mm.

    Malgré la mention d’Eugène Lefaucheux que cette arme pouvait aussi être déclinée en version Percussion Centrale, nous n’en avons malheureusement jamais, pour l’instant, rencontré.

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