M1862 revolvers en triple action

Dessin original de principe de la Triple Action

Une première réflexion sur la Triple Action est décrite dans le brevet 6003 du 7 juin 1858.

Brevet Belge 6003, dessin original.


Brevet uniquement déposé en Belgique.
L’objet de ce brevet est de « retenir » le départ du coup de feu par l’immobilisation du chien.
Le mécanisme du brevet 6003 ne sera, à ma connaissance, jamais mis en œuvre et il faudra attendre 1862 pour voir naître le mécanisme de la Triple Action qu’on retrouve sur les revolvers Lefaucheux.

Le brevet du mécanisme du Triple Action (TA) est déposé par Eugène Lefaucheux le 27 septembre 1862, sous le n° 55784 en France et le 3 octobre de la même année, chez Maître Biebuyck, à Bruxelles sous le n° 13277.
Eugène Lefaucheux y fonde énormément d’espoir puisque c’est le seul mécanisme qu’il déclinera sur toutes les armes :

  • 7 mm (initialement utilisé pour le brevet)
  • 9 mm
  • 12 mm
  • Revolvers à barillet à grande capacité ou multi-rangées.
    Il n’est donc pas facile d’y voir clair dans la multitude des modèles, des calibres ou encore des capacités.
    Mais on peut néanmoins établir un semblant d’ordre d’apparition.
    Comme nous le montre le dessin du brevet, Eugène Lefaucheux place le principe du Triple Action sur un revolver 7 mm de sa fabrication pour en fixer l’idée.
    L’assemblage et la conception du 7 mm et 12 mm montrent beaucoup de similitudes ce qui nous permet de croire que la fabrication de ce dernier a dû suivre très rapidement derrière, voire au même moment que le lancement de la fabrication du 7 mm, à savoir :
  • La position et la conception du ressort qui accrochent les deux crans à l’arrière du chien, sont identiques sur ces deux modèles, ainsi que l’emplacement du numéro LF sur l’arme.
    Ces deux détails vont être modifiés au fils du temps et permettront par la même occasion de voir et de situer ces évolutions.
    Viennent ensuite le 12 mm à grande capacité, suivi du 9 mm à 6 coups pour terminer sur les revolvers 7 mm à double barillet et canon.

Principe de fonctionnement du « Triple Action ».

Quel que soit le calibre ou le modèle de l’arme, le fonctionnement est parfaitement identique.
Eugène Lefaucheux décrit dans son brevet le mouvement, de la manière suivante :

« Cette invention a pour but de donner trois mouvements au chien de l’arme, c’est à dire que l’on peut à volonté :

  1. armer le chien par la crête, comme dans les armes ordinaires.
  2. armer par la détente à tir continu et sans qu’il soit fixe en bout de sa course.
  3. on peut encore armer le chien en pressant sur la détente et, à la volonté du tireur, le laisser fixe, comme s’il avait été armé par sa crête. ».
    « Extrait du brevet n° 55784 du 27 septembre 1862 »

Le TA est donc la combinaison entre le SA et le DA (point 1 et 2) avec la faculté de passer de l’un à l’autre en cours de manœuvre, d’hésiter et de revenir en arrière…..
Le mécanisme

Eugène Lefaucheux applique le principe de la TA à deux mécanismes distincts :

  • A un mécanisme nouveau et très simple, composé :
    • D’une détente, que maintient sur le même axe le « mentonnet / doigt élévateur » et une « barrette » carrée et évidée en son centre.
    Cette détente est aussi munie d’un « ergot » sur lequel vient buter la « baïonnette de départ ».
    • D’un chien, muni à l’arrière de deux crans, le premier appelé « cran de chargement », le deuxième nommé « cran d’armement », une « chaînette » sur laquelle vient s’accrocher le « grand ressort » et sur le devant un « crochet » qui rentre dans le centre évidé de la « barrette ».
    Cette dernière prend appuie sur un sailli.
    • D’un « grand ressort » fixé, comme presque tous les revolvers Lefaucheux, par une grosse vis à la base du bras inférieur de la crosse.
    • D’un « ressort de triple action », fixé au bras supérieur de la crosse et qui prend sur les crans à l’arrière du chien.
    • D’une « baïonnette de départ » qui fait la liaison entre la « détente » et le « ressort de triple action ».
    Qui traverse de ce fait, de haut en bas, la carcasse du revolver.
    C’est cette « baïonnette », venant buter dans « l’ergot » en pressant la détente. Cette butée sur l’ergot pousse la «baïonnette » vers le haut, ce qui, de ce fait libère le « ressort de triple action » retenu par le second cran du chien.
    La libération du cran lance le chien qui vient, sous la tension du « grand ressort », vers l’avant pour venir « taper » la broche de la balle pour faire feu.
Mécanisme 7 mm balancier en Triple Action.
  • A celui du 7 mm à balancier, mécanisme des revolvers « à double action ».
    Mais le principe, décrit ci-dessus, reste identique avec la « baïonnette de départ » entre la détente et le « ressort de triple action ».
    Le principe du « balancier » ne sera utilisé que pour le 7 mm à 6 coups.
    Tous les autres modèles et calibres issus de ce brevet seront équipés du nouveau mécanisme.

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