Le LF520, une carabine Lefaucheux en 15 mm à broche.

Après la conception en 1868 de son dernier revolver, celui qui donnera naissance au M1870, Eugène Lefaucheux ne s’intéresser plus qu’aux fusils de chasse.
Il vend son usine à Liège, démantèle son usine de la rue Layette et la déménage à Trémerolles près de son château à Bruyère le Châtel dans l’Essonne et installe un magasin de vente au 32 rue Notre Dame des Victoires juste à côté du siège social de son ami Jules Gévelot.


Mais avant d’en arriver là, il dépose en la fin 1859, début 1860 un brevet et deux certificats d’addition concernant des carabines à carcasse métallique et culasse mobile avec éjecteur de douille manuel pour canon simple ou double.
Carcasse métallique qui me semble être rapidement abandonnée pour revenir à une conception plus classique, c’est-à-dire la crosse de fusil ordinaire « pleine ».
Ce qui nous donne cette curieuse carabine à canon fixe, 15 mm à broche, mono coup à culasse mobile signé par Eugène Lefaucheux, ressemblant très fortement au brevet 043104 du 5 décembre 1859 et suite (7 et 20 février 1860).
L’emploi et le mécanisme de cette arme est strictement identique à celui à carcasse métallique est d’une simplicité étonnante : un chien, un levier qui prolonge la culasse mobile, un ressort de rappel de détente, un grand ressort ainsi qu’un mécanisme à tringles pour l’éjection de la douille.

Fonctionnement du mécanisme de mise à feu :
Le chien et la culasse pivotent autour du même axe.
En tirant sur le levier de la culasse vers le haut et en arrière, cette dernière s’ouvre et amène le chien à l’armé. L’ouverture ainsi créée permet l’introduction de la balle.
Une fois la balle placée, on abaisse la culasse avec le levier.
Le chien reste en position permettant de faire feu en tirant sur la détente.
Pour extraire la douille après avoir fait feu, on effectue le même mouvement que précédemment avec le levier et juste avant de passer le cran de l’armé, une tire broche, situé sur le côté gauche à l’entrée du canon, éjecte la douille hors du canon.
C’est cet extracteur automatique qui est une des très grandes curiosités de cette carabine.

Fonctionnement de l’extracteur automatique :
En ouvrant la culasse vers le haut ; l’ergot solidaire de celle-ci pousse la bielle horizontale vers l’avant et fait pivoter l’extracteur. Cette action éjecte la douille hors de son logement.

La rotation de la culasse autour de son axe continue et arme le chien. En pivotant, l’ergot s’échappe et passe au-dessus de la bielle. Cette dernière revient en arrière, sous l’action du ressort avant. Quand on referme la culasse, l’ergot comprime le ressort de la bielle.
Cette dernière reprend sa place après le passage de l’ergot.
C’est un système robuste et efficace qui aurait le mérite d’être breveté.
Néanmoins, nulle-part il n’est fait allusion ou description de ce mécanisme d’éjection.
Dans le 1er certificat d’addition du 7 février 1860, il est uniquement question, dans les figures 7 et 8 dudit certificat, d’extracteurs manuels.


Extrait du certificat du 7 février 1860 :
« Les fig. 7 et 8 montrent deux moyens mécaniques permettant de dégager instantanément la cartouche du canon ».

Plusieurs carabines à levier manuel (type figure 8) sont d’ailleurs présentes sur le site (voir liens).
Dans le certificat d’addition du 20 février de la même année, Eugène Lefaucheux développe plusieurs variantes d’extraction de douille, pour canon simple et double, mais toujours manuelle.


Caractéristiques techniques :
Dimensions :

  • Longueur totale : 1095 mm.
  • Longueur canon : 653 mm, octogonal puis rond par la suite.
    Intérieur du canon rayé.
  • Longueur détente-plaque de couche : 365 mm
  • Poids : 2735 grammes.
    Ouverture et fermeture de la chambre du canon par une culasse mobile.
    Éjecteur de douille automatique lors de la manipulation de la culasse mobile.
    Pontet en volute.
    Calibre de 15 mm à broche.
    Crosse dite « Anglaise » simple et élégante avec plaque de couche.
    Hausse de visée graduée de 100 à 250 m.

Marquages et poinçons :
Cette carabine comporte de multiples marquages et poinçons :

Sur plusieurs pièces, son numéro d’assemblage : « 85O »

Sur le dessus de la culasse et en ovale ;
« INVon. E. Lefaucheux breveté s.g.d.g. (Paris) »

Le levier de la culasse est muni du logo ; les lettres « E. LF » surmontées d’un revolver à barillet.
Ce marquage « E. LF » est une très grande curiosité puisqu’on ne le retrouve que sur les carabines issues du brevet 043104. La raison de ce type de marquage nous est, à ce jour, encore inconnue.

La partie à pans du canon comporte sur la face inférieure le logo traditionnel des armes Lefaucheux, à savoir le « LF 520 » surmonté d’un pistolet brisé, suivi de son numéro encore partiellement visible.


Sur la monture en fer, on retrouve le « E. LF » surmonté d’un revolver à barillet.

Naturellement l’ensemble de l’œuvre d’Eugène Lefaucheux est à retrouver dans le livre paru en septembre 2021, en Anglais … Le livre peut être commandé par mon intermédiaire, 39.90 € + frais d’envoi en sus.

® et © Lefaucheux janvier 2022.

Publié par Eugène L.

La vie et la production des Lefaucheux père et fils durant la période 1802 - 1892.

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