Le LF 8664, un sabre-revolver Lefaucheux.

C’est très certainement la plus curieuse des créations d’Eugène Lefaucheux.
L’ensemble des sabre-revolvers Lefaucheux est observé dans la série des « 8000/10000 », à savoir entre le « LF8030 » et le « LF9901 ».
Dans notre base de données nous avons actuellement répertorié 10 pièces et l’ensemble ont été commercialisé par la même personne à Lima (sauf preuve du contraire). Nous pensons donc que la fabrication a été faite spécifiquement pour lui.
Cette arme n’a pas fait objet d’un brevet par Eugène Lefaucheux.
Ce modèle a été fabriqué en très petite quantité. Combien ce n’est actuellement pas possible de le dire, mais nous estimons entre 10 à 20 pièces.

Néanmoins en consultant la littérature disponible sur le sujet, on constate que :

  • Le mécanisme utilisé est de type triple action.
  • Selon certains écrits, le « LF8714 » a été offert au 19ème président du Pérou, José Balta (de 1868 à 1872).
  • Sur cette arme on retrouve une date « 27 Juillet 1870 ».

A partir de ces constats on peut dire que la fabrication est postérieure à septembre 1862 et antérieure à juillet 1870. Lors de l’exposition de 1867 à Paris, les journalistes présents en parlent dans le compte-rendu qu’ils font de la présentation des armes Lefaucheux.
Dès le milieu du 19ème siècle, le revolver connut un succès mérité.
Les critiques majeures à son usage portaient sur sa fiabilité et la faiblesse de ses munitions.
Son association à une arme blanche, alors très courante, était logique.
Le sabre-revolver pouvait permettre à la cavalerie de sabrer et tirer d’une seule main ; ce fut du moins l’avis de nombreux arquebusiers-inventeurs comme Eugène Lefaucheux.
Mais aucune armée ne l’adopta, le marché civil s’avéra très restreint et sont utilisation c’est limité à l’utilisation d’une arme de vénerie pour achever le gros gibier blessé.
C’est en tous cas, à la vue des scènes de chasse sur la lame de notre arme, le cas.

Alors pourquoi un 6 coups avec une munition d’une puissance très faible comme le 7 mm ?
Nous sommes d’avis que cette arme n’était pas faite pour être utilisé mais qu’elle à servi comme présent de prestige pour des clients sud-américain fortunés.
Ceci explique peut-être la toute petite série fabriquée par Eugène Lefaucheux.
La conception générale de l’arme, le revolver, la qualité de fabrication, de finition et de présentation sont rigoureusement identiques sur tous les exemplaires.

Ils portent tous sur la plaque qui recouvre la face avant du barillet, le poinçon d’inventeur d’Eugène Lefaucheux, le « LF 8664 ».
La similitude de gravure, de décoration, de dorure incite à en déduire qu’ils furent tous montés par le même fourbisseur.
Notre exemplaire a une longueur totale de 620 mm, la lame est droite, symétrique, longue de 400 mm et son poids total est de 1184 grammes. Son numéro d’assemblage est le « 84 »
Elle porte sur chaque face et sur toute sa longueur deux pans creux médians et deux tranchants.
Ornée de motifs floraux et de chasses, gravés à l’acide et damasquinée sur ses deux tiers arrière, elle porte du côté du canon, en caractère d’imprimerie :

« Alfredo Herouard
Lima »


La soie, dans l’axe de la lame, est fixée du côté gauche de la carcasse de monture, alors que le revolver est fixé du côté droit.
L’arme est ainsi bien équilibrée.

La garde, est vissé sur la culasse du revolver et a une forme de « S ovale plate » de 2 mm et de 120 mm sur 60 mm.
Elle est traversée à gauche par la soie.
A droite, elle fait office de console, supportant le canon, l’axe de barillet et de support articulé à la baguette éjection.
Elle est solidement ancrée sur la croisière-bouclier en trois points : deux latéraux et un inférieur.
Le barillet de 6 coups, 7 mm à broche est long de 24 mm.
Le canon est cylindrique, supportant 4 rainures en interne, long de 80 mm et gravé sur le dessus, en lettres cursives :

« E. Lefaucheux Bté à Paris. »


La coquille, plate transversalement, est incurvée verticalement en S, formant deux moitiés symétriques.
Elle sert d’appui à la virole de poignée et de culasse-bouclier au revolver.
Le corps de ce dernier est fixé à l’avant-droit de la monture de poignée.

Il est doté d’un mécanisme à triple action, selon le brevet de 1862 reconnaissable à sa tige de transmission entre la queue de détente et la gâchette.

L’ouverture de chargement du barillet est découpée à droite dans la culasse ; elle est fermée par une portière articulée pour une ouverture vers le bas.
La fusée est formée de deux plaquettes d’ébène quadrillée maintenues par une vis transversale. Le pommeau est argenté, arrondie, fixée par une vis axiale et une courte queue de calotte dorsale.

Le fourreau est en cuir noir, avec la chappe et bouterolle argentée, gravées à l’eau forte d’une longueur de 430 mm.

® et © Lefaucheux décembre 2021.

Publié par Eugène L.

La vie et la production des Lefaucheux père et fils durant la période 1802 - 1892.

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