Brevet 29055 du 5 septembre 1856.

Brevet d’intervention du 5 septembre 1856
Lefaucheux et Cie
Brevet : N° 29055
Durée de 15 ans

Invention pour perfectionnement apportés dans les mécanismes et la disposition générale des armes à feu.

Les perfectionnements qui font l’objet de la présente demande de brevet d’intervention consistent :

  1. En une disposition toute particulière d’armement et de percussion par la seule action de la pièce de détente.
  2. En un système pour retenir la charge dans les canons quelque soit la position que l’on fasse prendre à l’arme.
    Ces deux dispositions sont principalement applicable aux pistolets ou carabines à rotation, à plusieurs coups et à un seul canon bien que nous ne nous réservions pas moins l’application à toute espèce d’arme à feu.
    Nous allons commencer par décrire à l’aide du dessin ci-joint, le mécanisme d’armement et de percussion, pouvant agir indifféremment soit sur les cylindres mobiles ou revolver de notre système , se chargeant par la culasse avec des cartouches toutes faites, soit sur les cheminées des cylindres qui se chargent avec la poudre et les balles à la manière ordinaire.

Description :

La figure 1 de ce dessin représente en section longitudinale un pistolet à six coups, muni des nouvelles dispositions dont nous désirons nous réserver la propriété.
La figure 2 est une vue par bout du côté de la culasse et supposant le canon dévissé et le cylindre revolver enlevé.
Les figures 3 et 4 indiquent en détail le cylindre que l’on charge à poudre et à balles à la manière ordinaire et garnis des cheminées sur lesquelles on place les capsules.
Les figures 5 et 6 indiquent le cylindre se chargeant par la culasse en ouvrant la petite porte h ( fig. 2 ) dont celle-ci est muni. Ce cylindre A’ remplace, ou est remplacé à volonté, par celui A représenté sur les figures 1, 3 et 4 .
La figure 7 fait voir le mécanisme à l’instant ou l’échappement va se faire pour opérer la percussion.
Les figures 8 et 9 sont des détails de pièces importantes.
On peut se rendre compte, à l’aide des figures 1, 7 à 9 de la combinaison toute nouvelle du mécanisme de détention ; on voit que la gâchette B est mobile sur un axe b et qu’elle est rappelée, dans la position indiquée fig. 1, c’est à dire quand l’arme est au repos, par un ressort méplat b’.
A cette même gâchette est articulé au point c un petit levier courbe C auquel est relié une sorte de balancier D. ce balancier a son centre de mouvement d sur la partie prolongée et coudée, à l’intérieur de la crosse du chien E.
Le chien est en outre muni d’une pièce f, articulée en c’, qui présente deux petites branches ( fig. 8) dans lesquelles viens s’engager l’extrémité fourchue du grand ressort d’échappement F (fig. 9), de sorte que ce grand ressort tient tout le mécanisme soulevé tant que le crochet qui termine le petit ressort g est engagé dans l’entaille pratiquée à l’extrémité du balancier D. Mais , aussitôt que ce crochet abandonne l’entaille, ce ressort ramène avec énergie le chien sur la capsule, si c’est le cylindre à cheminées que porte le pistolet et sur la broche si c’est le cylindre à cartouche.
Nous allons expliquer comment cet effet se produit sans autre armement qu’en agissant avec l’index sur la détente pour la ramener en arrière ; par ce même mouvement, non seulement on arme, mais encore on percute ; en effet, en levant la détente, celle-ci tourne ou décrit un quart de cercle sur son centre b, le point c s’élève naturellement en soulevant, par le levier C, l’extrémité de gauche du petit balancier D, tandis que celle de droite s’abaisse et avec celle-ci, la partie coudée e’ du chien. Ce mouvement force le chien à tourner sur son centre d et à s’élever jusqu’à ce qu’il soit arrivé dans la position indiquée fig. 7. Alors , à ce moment, le crochet qui forme l’extrémité du ressort q vient rencontrer une petite saillie q’, laquelle le dégage de l’entaille pratiquée à la pièce D ; celle-ci n’étant plus retenue, laisse au grand ressort la faculté de se détendre et par suite de faire tomber le chien, avec la puissance nécessaire à la percussion.
On voit donc qu’au moyen de cette disposition mécanique assez simple et par le seul fait du mouvement en arrière de la gâchette nous obtenons l’armement et la percussion ; mais il faut encore dans les armes à cylindre rotatif, comme celle que nous avons donné comme exemple, faire tourner le cylindre à chaque armement et le retenir d’une façon bien exacte et bien rigide en face du canon pendant la détonation ; c’est ce que nous obtenons très simplement à l’aide de l’équerre I, articulée avec la pièce C au point c. la plus longue branche de cette équerre est contournée de façon à pouvoir s’engager alternativement dans l’une des six dents ou plans inclinés j (fig. 1, 3,5 et 6 ) taillés dans l’épaisseur d’une bague ménagée au cylindre-revolver, de sorte qu’à chaque mouvement de la détente, quand le levier C monte, l’équerre I s’élève avec lui et par ce mouvement, fait tourner le cylindre d’un sixième de tour et l’arrête dans cette position conjointement avec la plus courte branche i’ de cette équerre, laquelle arrivée à son maximum d’élévation ,vient rencontrer un des six petites saillies j’ ( fig.1, 5 et 6) ménagée sur la circonférence extérieure du cylindre-revolver. De cette manière, celui-ci est à la fois retenu dans un sens par la grande branche I, qui préalablement l’avait fait tourner et dans le sens contraire par la petite branche i’, rencontrant une des saillies j’.
La culasse K est percée d’une fente verticale k (fig.1 et 2 ) dans laquelle pénètre et se meut l’équerre I. cette disposition toute nouvelle est très simple et d’une construction facile et économique.
Nous pourrons ajouter au mécanisme d’armement et de détente que nous venons de décrire , une disposition très simple qui permettre de maintenir le chien armé. A cette effet, nous pratiquerons une entaille dans la pièce de détente B et nous fixerons un ressort à l’intérieur du pontet B’. ce ressort pénètre dans l’entaille quand le chien est armé et le retient dans cette position ; mais quand on tire entièrement la détente, pour percuter, le ressort est dégagé par une tige en communication avec le chien.
Pour placer le cylindre A’ (fig.5 et 6 ), qui se charge par la culasse avec des cartouches toutes faites en remplacement du cylindre A ( fig.1, 3 et 4 ) qui se charge à poudre et à balles, à la manière ordinaire, il suffit après avoir retiré la vis l (fig. 1 ) de dévisser le canon unique L d’avec la tige centrale m et de substituer le cylindre A’ a celui de A. ce dernier peut être muni de cheminées p placées verticalement comme celles représentées sur le figures 1 et 3 ou placées horizontalement comme l’indique la figure 10. dans ce dernier cas le cylindre ne se change pas et le chien E’ présente nécessairement une forme différente pour opérer la percussion.
Pour retenir la charge dans les six petits canons chargés à la manière ordinaire et afin d’éviter le grave inconvénient qui se présente si souvent avec les pistolets actuellement en usage, celui de laisser tomber la charge quand on renverse l’arme dans une fonte par exemple ; nous avons imaginé la disposition indiquée fig. 1, 3 et 4. elle consiste à percer un trou tangentiellement à chaque canon et à fileter ces trous dans lesquels on engage les vis n puis, quand les balles sont introduites dans le canon, à l’aide d’une clé N (fig. 1 ) que nous plaçons dans la crosse du pistolet on fait un demi-tour à ces vis et cette petite corse est suffisante pour retenir les balles dans l’intérieur des canons.
Comme, pour serrer les six vis les unes après les autres, il faut un certain temps qui, quoique court serait toujours jugé trop long, nous disposerons sur le cylindre une bague munie de petites fourches engagées dans les têtes des vis, de manière qu’en faisant tourner cette bague d’une très petite quantité, on fasse fonctionner à la fois les six vis.
Nous nous proposons encore, pour arriver au même résultat, de fixer sur le coté du canon unique L une petite clef à charnière qu’il suffira d’abaisser au dessus de chaque vis pour la serrer en la tournant d’une très petite quantité, ou bien encore d’employer des ressorts si le système de serrage des vis était jugé trop long.
Cette disposition pour retenir les balles avec leur chargement dans l’intérieur des canons, aura en outre l’avantage quand on voudra décharger l’arme, de ne nécessiter aucun des embarras que présente le chargement à balle ordinaire ; il suffira en effet de faire tourner les vis dans le sens opposé à celui du serrage pour dégager les balles et les faire tomber en frappant légèrement sur la crosse.

Résumé :

Nous entendons, par la présente demande de brevet d’invention, nous garantir la propriété :

  1. Du système d’armement et de percussion obtenu par le seul mouvement de la gâchette, tel que le dessin le représente et comme nous l’avons décrit ci-dessus ou d’une manière analogue.
  2. De la disposition permettant de maintenir les projectiles avec sécurité dans l’intérieur du canon, quelque soit la position de l’arme et les exercices que l’on fasse, soit à cheval, soit à pied. Nous, nous réservons l’application de ces deux points caractéristiques de notre demande et tous les changements dont ils sont susceptibles pour les approprier à toutes espèces d’arme à feu, pistolet ordinaire, revolver, carabine, fusil, etc.
  3. Nous, nous réservons aussi, comme en ayant eu l’initiative la propriété exclusive de mettre sur le même revolver soit un cylindre pour se servir de cartouches portant la charge complète, soit un cylindre ordinaire à cheminées.

Paris, le 5 septembre 1856
Par Pon. de E. Lefaucheux et Cie.
Mathieu

Publié par Eugène L.

La vie et la production des Lefaucheux père et fils durant la période 1802 - 1892.

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